Lettre à un interessé

Bonjour,

Nous espérons pouvoir créer une GAS, une GAC ou une AMAP sur notre commune. Nous nous interrogeons sur les différentes formules qui existent.

J’ai parcouru les différents sites internet qui en parlent et je me pose une question sur l’organisation de ces associations

Est-ce l’association qui achète aux producteurs locaux pour revendre les produits aux consommateurs ?

 Si oui, il s’agit d’une activité commerciale ! Est-ce compatible avec le fonctionnement et les statuts d’une asbl ? Quelle la position de la loi belge en la matière ? Les commerçants « non-bio » du voisinage ne risquent-ils pas de considérer l’action des GAS comme une forme de concurrence déloyale ?

 Dans la négative, comment est-il possible de « lier » les consommateurs, par un contrat d’engagement, avec 4, 5 voire une dizaine de producteurs différents ? Si plusieurs producteurs, fournisseurs du GAS, proposent des produits similaires, comment organiser les commandes et gérer les conflits éventuels ?

Je sais que l’AMAP qui est la plus proche de notre commune, fonctionne sur le mode d’un contrat d’engagement de chaque consommateur avec un producteur. Mais ils ne proposent que des légumes et ne travaillent qu’avec un seul producteur ! On ne peut quand même pas faire signer un contrat entre chaque consommateur et chaque producteur !?

Merci d’éclairer ma lanterne.

Amicalement,
Y D

– – –

Bonjour ,

Je suis Mathieu , mangeur à travers un des GAS de Bruxelles. Permets
moi d’éclairer ta lanterne!

Le but central d’un GAS comme on le conçoit à Bruxelles et dans les
AMAP en France est de soutenir ou être solidaire de ou maintenir
(question de vocabulaire) des petits paysans locaux à échelle humaine
et le plus écologique possible. Nous, mangeurs, savons qu’ils ont sur
le dos les banques, les syndicats agricoles dominants, les
pesticides chez le voisin, le marché mondial, l’AFSCA, les directives
européennes, le climat détraqué,..

Si on ne s’approvisionne pas directement chez eux, ils disparaîtrons
et puis on ira au snack!

La devise, c’est l’achat directe sans intermédiaire et une certaine
continuité via un contrat. Les AMAP même si elles ont la
dénomination « association » (qui dans notre pays veut presque dire
entreprise rentable) sont en fait juste la réunion de mangeurs avec un
ou des paysans « de famille ». Il existe une association 1901 ou
asbl qui chapeaute les AMAP en France mais leur but est non lucratif
puisqu’ils font juste la promotion de ce mode de « vie » et sa mise en
réseau.

Même chose à Bruxelles, Kari et moi avons lancé une association qui
est l’initiatrice des GAS de Bxl. l’ASBL ne s’occupe pas de la vente.
Cela se passe entre chaque citoyen mangeur et son fermier de famille.
Les contrats, le fonctionnement de ces groupes et même la mise en
réseau sont autogérés par les membres et les paysans.

Je sais que la revente de produit agricole fait vivre des gens…mais
si c’était mieux organisé, des produits plutôt locaux et une plus
grande marge pour celui qui produit, pourquoi pas.

En ce qui concerne les contrats, oui chaque membre signe un contrat
avec le paysan.

Nous avons qu’un contrat avec le maraicher pour l’instant mais un
contrat va s’envisager avec Bernard et Valérie qui nous fournissent
leur fromages et agneaux.

Ça fait bcp de contrats mais pas s’ils sont gérer individuellement ou
par petit groupe.

Un groupe compte entre 10 et 30 familles (optimum 15) pour une bonne autogestion et de la convivialité.

Pour ce qui est du problème de concurrence entre producteurs,
personnellement je n’en vois pas puisqu’il n’y pas du tout assez
d’offre pour fournir le nombre croissant de personne désirant faire
partie d’un de ces groupes. Si c’était le cas, j’appellerais à
l’autogestion, les consomm’acteurs et les paysans.

Le but des GAC plus anciens n’était pas le même à la base puisque il
s’agissait de grouper des commande entre autre chez des producteurs
locaux pour avoir les produits moins cher. Cependant ils commencent à
se rapprocher petit à petit de l’idée de soutien au producteur
notamment via le contrat local. Mais cela ne transparaît pas dans le
nom, groupe d’achat commun.

En espérant avoir répondu à vos questions et en vous invitant à en
poser d’autres si besoin et à venir nous voir à Bruxelles autour d’une
petite bière locale et artisanale pour plus d’info pratique, bon projet!

bien à vous,

Mathieu

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