Bruxelles le 30/06/2026
par Timothée Collin, coordinateur
Laissez-nous vous parler de quelque choses de si petit qu’on ne peut pas percevoir mais qui pourtant soulève des débats et pourrait arriver jusque dans vos assiettes… si ce n’est pas déjà le cas !
Ça peut sembler éloigné, vu comme ça. Mais c’est très concret. Et les choix qui se font détermineront si demain, vous mangerez des légumes issus d’une agriculture respectueuse du vivant ou des produits conçus en laboratoire pour résister à toujours plus de chimie.
Alors, on remet les choses à plat.
Un GASAP, c’est avant tout un engagement pour une agriculture paysanne. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire des produits locaux, de saison, cultivés sans pesticides de synthèse. Ça veut dire zéro OGM. Et depuis peu, avec l’arrivée des nouvelles réglementations européennes sur les NGT (les « Nouvelles Techniques Génomiques », comprenez des OGM 2.0 qui se cachent sous des noms techniques), on ajoute une ligne rouge infranchissable : zéro NGT.
Pourquoi cette précision ? Parce que le débat fait rage. D’un côté, l’industrie des biotechnologies et certains lobbys poussent pour déréglementer ces nouvelles techniques. Leur argument ? Ça permettrait de soi-disant « sauver la planète » ou « nourrir le monde ». De l’autre, des acteurs comme PAN International et Nature & Progrès, que l’on suit de près, tirent la sonnette d’alarme. Pour eux, et pour nous, ces NGT sont des OGM déguisés. Le risque ? Qu’ils ne soient plus étiquetés, qu’ils contaminent les champs bio et paysans, et qu’ils renforcent la dépendance des agriculteurs envers quelques multinationales détentrices de brevets.
On est sur de quoi ?
On est sûrs que notre charte est claire : pas de place pour ces manipulations dans nos paniers. On est sûrs que la souveraineté alimentaire passe par des semences paysannes, reproductibles par les fermiers, et non brevetées. On est sûrs que la solidarité avec nos producteurs, c’est aussi les protéger de cette pression industrielle.
Par contre, il reste une zone d’ombre. La réglementation européenne est en plein changement. En Belgique, le statut exact de ces NGT dans le label bio n’est pas encore totalement claire pour nous1, contrairement à ce que certains pourraient espérer. C’est flou. Et c’est précisément ce flou qui est dangereux. C’est pour ça qu’on reste vigilant•es, qu’on surveille ce qui se décide (sans nous) et qu’on continue le plaidoyer. On ne laissera pas écraser le progrès paysan et la santé des écosystèmes.
Mais heureusement, la vie d’un GASAP, ce n’est pas que veiller au grain (c’est le cas de le dire). C’est aussi, et surtout, du concret, du goût, et de la rencontre.
D’ailleurs, parlons concret : la saison bat son plein et le réseau s’agrandit. Chaque saison a son lot de nouvelles têtes. De nouveaux producteurs rejoignent le réseau, apportant avec eux leurs savoir-faire et leurs produits (et parfois bien plus). Vous verrez dans les lignes qui suivent de notre newsletter la liste des nouveaux produits disponibles. C’est la preuve que notre modèle attire, qu’il est viable et qu’il répond à une vraie soif de qualité et de sens.
Et si on veut aller plus loin que le simple achat de panier, il y a plein d’occasions de se former et de comprendre ce qu’on mange. Vous avez déjà entendu parler des ateliers d’Eugène Chocolatier ? C’est exactement le genre d’initiative qu’on adore : apprendre à transformer, comprendre la matière première, et surtout, le faire ensemble. C’est ça, l’éducation permanente dont on parle dans nos statuts.
Enfin, parce qu’on sait que la fête fait partie intégrante de la lutte et de la construction de réseau, gardez un œil sur l’agenda. Des festivals engagés et paysans se préparent, comme celui de la ferme du Montaval. C’est l’occasion idéale pour rencontrer les producteurs hors du cadre de la livraison, pour voir où et comment ils travaillent, et pour partager un moment convivial.
Bref, entre la vigilance nécessaire pour protéger notre agriculture et la joie simple de rencontre, de découvrir ou d’apprendre, il y a de quoi faire. Le réseau des GASAP, c’est tout ça à la fois.
À vous de jouer ! de rejoindre les GASAP, de venir aux ateliers, de rencontrer les nouveaux producteurs et de continuer à faire vivre cette alternative.
Merci pour votre engagement
1 : Nous avons récemment contacté Biowallonie et la Région Wallonne à ce propos pour en savoir plus sur l’enjeu des NGT sur les produits certifiés bios. En effet, même si tous nos producteurs et productrices n’en utilisent pas et n’en utiliseront jamais (en accord avec notre charte), les autres producteurs et productrices du secteur pourraient le faire; Et c’est là qu’il faut tout de même nous renseigner car actuellement l’achat-revente fait que si des bios intègrent les NGT nous ne serions plus protégé•es.



