Catégorie : Post-visite

Les visites SPG de fin d’année 2023

Cette fin d’année 2023 a été propice pour les échanges entre vous (groupes et producteurs) grâce notamment aux dynamiques SPG.

Visite chez Maarten

« Les GASAP m’ont permis de continuer d’exercer mon métier. »

Maarten

Les échanges

Le point clé de cette visite participative, déroulée sous le soleil d’automne raisonne d’autant plus avec l’actualité agricole de ce début d’année 2024 (lire notre communiqué ici) : l’importance de revoir les prix des paniers pour arriver à assurer un prix rémunérateur pour Maarten. Accompagné par le soutien précieux d’une gasapienne dans son bilan comptable, ainsi que dans la discussion sur quels prix proposer par taille de panier en gardant une formule accessible aux foyers en difficulté, c’est sûr Maarten et ses gasapien.nes soulèvent des questions très actuelles !

Partage de bonnes pratiques

Faire un calendrier annuel pour les mangeur-euses avec les des dates clés pour l’ « aide sur le champ ». Maarten donne les exemples suivants :

  • nettoyage des vitres de la serre en printemps,
  • désherbage en juillet (période de vacances pour les saisonniers…),

Visite à la ferme de Stée

« Comment valoriser toutes les parties des animaux et tous les animaux ? »

Marie-Claire

Les échanges

Valorisation des parties oubliées, des parties nobles, des animaux de réforme ainsi que les actions en place pour faire face à la demande fluctuante : soit autant de questions qui ont alimentés les discussions de la visite participative à la Ferme de Stée !
La ferme a rouvert le magasin, dont les ventes ont repris, et l’aide d’une stagiaire soulage un peu la production à l’atelier !
Les commandes de viande comprennent rarement des morceaux nobles (steaks, gigots…), ce qui oblige la ferme à vendre du bifteck sous forme de hachis qui coûte moins cher mais qui est source de frustration pour les producteur-rices. Comment revaloriser ces viandes ? Comment inciter la vente de la viande des chevreaux ? Car oui, pour avoir du lait il faut des chevreaux…

Partage de bonnes pratiques

  • Rédiger une courte explication de la démarche avec des idées de recette par produit. Comme cela a été fait pour les poules de réforme !
  • Créer une fiche explicative par produit transformé avec ingrédients, allergènes, poids, DLC, inciterait plus de personnes à commander ! L’aide des mangeur-euse peut être très précieuse pour la rédaction !

Visite du Bercail

« Certaines choses se débloquent (enfin) et on a encore plein de projets »

John

Les échanges

Des chouettes nouveauté cette année : le classement en Zone Natura 2000 de l’espace de pâturage, la sécurisation du travail de Maïté et Sarah qui sont passées du statut de saisonnier.e.s à celui de salariées agricoles, la permission de lancer les travaux de rénovations de la bergerie, la collaboration avec Cabas pour les livraisons aux magasins !
Une recherche importante pour 2024 : financements pour la rénovation de la bergerie > à qui faire appel ?

Partage de bonnes pratiques

Pour fidéliser ses mangeur, le Bercail met en place depuis qlq années un système d’abonnement avec des cartes pré-payées à utiliser dans plusieurs points de vente. De quoi inspirer les producteur-rices-artisan-nes du Réseau !!!

Les visites SPG de l’été

L’été voit nos activités se ralentir, mais les visites de prod continuent. Trois rencontres à vous raconter : Fred Jadoul, Robin (Sherwood), et La Papelotte (Juliette et Tom).

La Papelotte (Juliette et Tom, Waterloo) – 23 juin

Forces du projet

  • avoir deux jeunes maraicher-ères avec plein de compétences : maîtrise technique, notamment de maraîchage sol vivant et culture en bio-intensif ; compétences aussi en tant que formateur-rices, dans la communication, dans la gestion…
  • avoir construit beaucoup de connexions avec le territoire qui leur à permis de lancer plusieurs projets sur la ferme (formations, petit élevage de poules, accueil d’une tisanière…) et de diversifier les débouchés (3 GASAP, 2 magasins bio et une épicerie coopérative)
  • le soutien de Permaprojet dans le lancement de l’activité (premiers investissements et accès à l’espace de production) et dans le suivi. La Papelotte voudrait racheter la ferme à Permaprojet ! Affaire à suivre…

Une réflexion intéressante de Tom et Juliette sur la résilience : « ce type de modèle n’est pas vraiment résilient, car le fonctionnement de la ferme dépend beaucoup d’entreprises extérieures même si elles sont proches ou locales […] si on veut faire le métier de maraîcher.e pour que ce soit vivable, il faut accepter de ne pas faire toutes les tâches tout seul ! »

Pour conclure, comme dit Juliette « Le travail fait aussi partie du bonheur » et les GASAP veulent avoir la mission de veiller à valoriser ce métier si beau et complexe !

Frédéric Jadoul (Aische-en-Refail, Eghezée) – 15 juillet

Installé sur son champ depuis 23 ans, Frédéric Jadoul commercialise uniquement en vente directe depuis toujours. Actuellement et depuis plusieurs années, il nourrit une dizaine de GASAP et vend chez Agricovert, coopérative de producteur-rices dans laquelle il est très actif et avec qui il fait de l’achat-revente.

Les points forts :

  • Désormais, il reçoit des subventions à l’hectare, grâce à la révision de la PAC, en application depuis le printemps 2023 pour les maraîcher.es bio en petite surface (moins de 3 ha cultivés)
  • l’autonomie en eau, l’arrêt de l’utilisation des intrants, les amendements provenant de la ferme voisine et le peu de mécanisation, lui permettent d’être plus résilient
  • l’agrotourisme lancé il y a 3 ans sur la ferme marche bien

Les points à renforcer :

  • Fred constate un turnover assez élevé dans les groupes et une certaine instabilité dans le nombre de mangeur-euses
  • après plus de 20 ans d’activité, il constate que sa rémunération reste insuffisante. De plus, il y a une grande incertitude concernant la transmission de la ferme
  • la communication n’est pas un point facile. Depuis deux ans, il n’est plus épaulé dans la rédaction d’une newsletter et il ne reste pas aux livraisons. Nous avons évoqué l’idée d’embaucher à plusieurs une personne qui s’occuperait de la communication pour plusieurs producteur-rices et offrirait une aide pour gérer la compta et les dossiers administratifs

Robin Van Leeckwijck (Sherwood, Anderlecht) – 9 sept.

Après une seule année à l’espace-test, Robin maîtrise déjà très bien son projet de maraîchage !
L’année dernière, année de démarrage, a été dure, lui a causé par mal de stress et quelques problèmes physiques pas encore résolus vu la charge de travail constante.
Cette année Robin a pu compter sur l’aide régulière de sa famille et de ses ami.es sur le champ et pour les livraisons.

Quelques points à retenir

  • la production, malgré les aléas climatiques, est bien maitrisée et il reste un puriste de la non-mécanisation
  • Robin est très attentif au choix des semences et des variétés, il privilégie les variétés anciennes et l’autoproduction quand c’est possible
  • la logistique s’améliore mais Robin souhaite la simplifier, car elle trop compliquée pour le moment
  • le nombre de groupes a augmenté cette année… Il n’est pas toujours facile de gérer la communication
  • globalement, il se sent soutenu et est optimiste pour 2024 et 2025 : consolider son projet pour la troisième et dernière année dans l’espace-test et travailler sur son nouveau projet collectif lui donne la pêche !

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Les visite du SPG en juin

Eugèn(i)e Chocolatier (Woluwe-St-Lambert)

Chocolatière et chercheuse à l’ICHEC, Eugénie a lancé Eugène Chocolatier en 2015. Le projet a évolué depuis: embauche de Marie en novembre 2020 et de Vincent en 2023, installation dans le nouvel atelier en fin 2022. Côté production, les ingrédients de base sont sélectionnés directement par Eugénie et Marie, sur base de la qualité, du label (Bio et Fairtrade) et de la distance.

Côté financier: Eugénie et Marie ne se rémunèrent pas, elles ont choisi de rémunérer Vincent et alléger la charge mentale liée au projet. Les ventes en GASAP ne représentent que 2% du chiffre d’affaires (sans compter Cabas): le souhait est de renforcer la commercialisation via les GASAP car Eugénie tient fortement à ce modèle de solidarité !

Photo : © Marina Allocati

‘t Fruitratje (Bierbeek, Leuven)

La force de Bram : produire des fruits dans un environnement magnifique en respectant des traditions ancestrales (notamment de culture d’arbres à hautes tiges et de tressage des haies), en plus de préserver la biodiversité végétale et animale ! Ce sont deux aspects qui sont rarement couplés.

Grande nouveauté de cette année : une autre force de Bram ce sont les connexions, qui l’ont amené à collaborer avec un collectif de producteur.rices qui lance un projet de polyculture/élevage sur un terrain communal autour de Leuven.

Au niveau des améliorations souhaités, en 2022, Bram n’a pas su mettre en place un système qui lui faciliterait la récolte, qui est faite à la main, souvent en grimpant, avec l’aide d’un seul saisonnier pour environs 1000 arbres !!! Nous n’avons pas su lancer l’offre de paniers de fruits pour les GASAP, mais les ventes via Cabas lancées en 2022 ont donné des bons fruits (c’est le cas de le dire!).

Pour tout le travail qu’il fait, Bram ne se rémunère que 1200€ par mois, ça fait bien réfléchir sur le prix juste d’un travail de haute qualité… 

Quiz photo: selon vous, de quel côté est le verger de Bram ? 😉

Herbea (Joachim De Meester) – Anderlecht

Joachim, maraîcher de Herbea, dans le Réseau depuis quelques année, relance son activité dans l’ancien terrain de RadisKale grâce à l’obtention du bail via Terre-en-Vue.

Ses compétence d’organisation et sa passion lui ont permis de démarrer la saison en passant de 1 à 5 GASAP en peu de temps et de fournir l’horeca, ce qui a fortement impressionné les producteurs présents à la visite ! Cela implique de travailler beaucoup et d’avoir un niveau de stress important, surtout en cette saison.

Joachim fait très attention au choix de semences et aux pratiques agro-environnementales (notamment, dans l’usage des bâches tissées, la gestion des maladies, la santé du sol). Il est également dans le processus d’obtention du label bio.

Pour le moment il gère seul le projet, épaulé par des associés dans la gestion d’entreprise. Il sent le besoin d’avoir un coup de main pour la communication, souhaite organiser des chantiers via les BAP et le Réseau, et est en train de creuser des pistes avec ses groupes pour écouler ses tomates en fin de saison.

La Papelotte (Waterloo)

Un magnifique soleil nous a accompagné lors de la première visite SPG de la ferme de la Papelotte à Waterloo !

Juliette nous a montré le magnifique champ d’un peu plus d’un hectare cultivé en bio avec des techniques de sol vivant, d’association de cultures, d’agroforesterie. Juliette et Tom gèrent le projet de façon autonome et se partagent équitablement les taches. Comme la grande majorité des producteur.rices du Réseau, iels s’occupent de tout, de la production à la communication et la diversification des activités à la ferme (comme l’atelier de transformation de légumes): ce sont des actions très énergivores mais qui, sous-traitées, ne seraient pas soutenables financièrement.

Le contexte est assez spécifique : le modèle de la Papelotte est en couveuse d’entreprise via PermaProjects, structure qui prend en charge les investissements pour les infrastructures et la location du terrain; de plus, la ferme est entourée de fermes bio et est en contact avec des nombreux.ses producteur;rices qui les fournissent notamment en fumier, paille,… Ce contexte a permis à la ferme d’être rentable après peu d’années d’activité, ce qui porte Tom et Juliette à commencer la phase de transition pour devenir indépendants (remboursement des investissements de PermaProjects).